Centre d'études de l'emploi
Contrat de travail, droit du travail en matière de licenciement, rupture conventionnelle, travail des enfants
Quand le patronat de l’intérim vante les mérites du CDI
François Sarfati, Claire Vivés
Février 2016
La création du CDI intérimaire, instauré en mars 2014, s’inscrit dans une stratégie continue du patronat de l’intérim qui vise, depuis les années 1970, à être reconnu comme un acteur légitime du marché du travail, notamment auprès des pouvoirs publics. Elle répond également à une stratégie plus récente de diversification des activités : l’intérim développe de nouvelles fonctions sur le marché du travail afin d’élargir la base de ses ressources financières. En outre, l’instauration du CDI intérimaire s’inscrit dans un processus de fidélisation de la main-d’œuvre la plus appréciée par les entreprises clientes. Comment alors expliquer la lente montée en charge du CDI intérimaire ?
Les résultats présentés dans ce Connaissance de l’emploi sont issus, d’une part, de l’analyse des étapes et des textes qui ont ponctué la négociation collective et l’évolution de la législation ; d’autre part, des entretiens conduits avec les acteurs du secteur.
Les résultats présentés dans ce Connaissance de l’emploi sont issus, d’une part, de l’analyse des étapes et des textes qui ont ponctué la négociation collective et l’évolution de la législation ; d’autre part, des entretiens conduits avec les acteurs du secteur.
Le consentement du salarié à la rupture conventionnelle, entre initiative, adhésion et résignation
Raphaël Dalmasso, Bernard Gomel, Évelyne Serverin
Janvier 2016
La rupture conventionnelle est porteuse d’un idéal de rupture pacifiée qui a assuré son succès dans la théorie comme dans la pratique. Entièrement orientée vers l’échange des consentements, elle a placé hors du champ d’observation les motifs pour lesquels chacun y consent.
L’exploitation secondaire d’une enquête téléphonique réalisée en 2012 par la Dares auprès de 4 500 salariés signataires d’une rupture conventionnelle montre l’ambivalence de ces derniers quant à leur consentement à rompre. Elle permet de comprendre ce qui conduit un salarié à abandonner un emploi à durée indéterminée pour entrer dans un régime d’indemnisation du chômage, et un employeur à accorder une rupture de ce type à un salarié qui veut démissionner.
Cette forme de rupture est à la fois un substitutif et un facilitateur des ruptures de contrat de travail à durée indéterminée. Dans une moitié des cas, elle sécurise des ruptures qui auraient eu lieu, qu’elles soient voulues par le salarié (elle remplace avantageusement la démission) ou par l’employeur (elle remplace avantageusement le licenciement). Dans l’autre moitié, elle facilite des ruptures dont les motifs ne sont pas clairement identifiables, ce qui soulève la question de sa contribution à l’évolution du chômage et, au-delà, de la pertinence du choix actuel de sécuriser les parcours au détriment de la pérennisation des contrats de travail.
L’exploitation secondaire d’une enquête téléphonique réalisée en 2012 par la Dares auprès de 4 500 salariés signataires d’une rupture conventionnelle montre l’ambivalence de ces derniers quant à leur consentement à rompre. Elle permet de comprendre ce qui conduit un salarié à abandonner un emploi à durée indéterminée pour entrer dans un régime d’indemnisation du chômage, et un employeur à accorder une rupture de ce type à un salarié qui veut démissionner.
Cette forme de rupture est à la fois un substitutif et un facilitateur des ruptures de contrat de travail à durée indéterminée. Dans une moitié des cas, elle sécurise des ruptures qui auraient eu lieu, qu’elles soient voulues par le salarié (elle remplace avantageusement la démission) ou par l’employeur (elle remplace avantageusement le licenciement). Dans l’autre moitié, elle facilite des ruptures dont les motifs ne sont pas clairement identifiables, ce qui soulève la question de sa contribution à l’évolution du chômage et, au-delà, de la pertinence du choix actuel de sécuriser les parcours au détriment de la pérennisation des contrats de travail.
Quel bilan de l'usage de la rupture conventionnelle depuis sa création ?
Camille Signoretto
Mai 2015
Nouveau mode de rupture du contrat de travail à durée indéterminée, la rupture conventionnelle a été introduite en août 2008 et apparaît comme un succès, notamment dans les petites entreprises.
Les études se référant aux objectifs qui lui étaient assignés montrent que la rupture conventionnelle a permis de minimiser les contentieux judiciaires et de fluidifier le marché du travail. En revanche, aucune étude ne met à jour un effet sur les embauches. L’application des procédures par les employeurs confirme la flexibilité introduite : des refus d’homologation faibles, moins de 10 % d’entretiens assistés par un tiers, une négociation des indemnités de rupture limitée aux salariés les mieux rémunérés. La « liberté du consentement des parties » prévue par la loi ne peut toutefois se réduire à des procédures. Les études qualitatives évoquent tout à la fois une initiative majoritaire du salarié et une insatisfaction face aux conditions de travail et d’emploi.
Le bilan esquissé ici révèle un usage du dispositif pour motif économique avec un risque pour le salarié de ne pas bénéficier des dispositions d’indemnisation et de reclassement prévues dans le cadre du licenciement économique. Le succès de la rupture conventionnelle pourrait conduire à une participation accrue de l’assurance-chômage à la sécurisation des parcours professionnels.
Les études se référant aux objectifs qui lui étaient assignés montrent que la rupture conventionnelle a permis de minimiser les contentieux judiciaires et de fluidifier le marché du travail. En revanche, aucune étude ne met à jour un effet sur les embauches. L’application des procédures par les employeurs confirme la flexibilité introduite : des refus d’homologation faibles, moins de 10 % d’entretiens assistés par un tiers, une négociation des indemnités de rupture limitée aux salariés les mieux rémunérés. La « liberté du consentement des parties » prévue par la loi ne peut toutefois se réduire à des procédures. Les études qualitatives évoquent tout à la fois une initiative majoritaire du salarié et une insatisfaction face aux conditions de travail et d’emploi.
Le bilan esquissé ici révèle un usage du dispositif pour motif économique avec un risque pour le salarié de ne pas bénéficier des dispositions d’indemnisation et de reclassement prévues dans le cadre du licenciement économique. Le succès de la rupture conventionnelle pourrait conduire à une participation accrue de l’assurance-chômage à la sécurisation des parcours professionnels.
Les conseils de prud'hommes : un frein à l'embauche ?
Sebastian Schulze-Marmeling
Juin 2014
Dans le débat public français, le système des conseils de prud’hommes est souvent perçu comme l’instrument d’un droit qui sur-règlemente le marché du travail et freine les embauches.
L’analyse comparative des données disponibles conduit à reconsidérer ce point de vue en montrant que les conseils prud’homaux sont loin d’être une exception « à la française », que le recours à ces juridictions est relativement stable au fil du temps et qu’il n’est pas plus élevé en France qu’ailleurs en Europe. Ces données étayent l’hypothèse que c’est plutôt la montée du chômage qui augmente les recours prud’homaux et non l’inverse.
Déposer une demande auprès des conseils de prud’hommes n’est au demeurant que la dernière étape d’un processus qui prend sa source dans un conflit survenu au sein de l’entreprise. De fait, il ressort de notre recherche que, dans la relation de subordination liant employeur et salariés, la participation de ces derniers à la formulation des règles et à la prise de décision diminue l’émergence des conflits et, en conséquence, le taux de procès prud’homaux.
L’analyse comparative des données disponibles conduit à reconsidérer ce point de vue en montrant que les conseils prud’homaux sont loin d’être une exception « à la française », que le recours à ces juridictions est relativement stable au fil du temps et qu’il n’est pas plus élevé en France qu’ailleurs en Europe. Ces données étayent l’hypothèse que c’est plutôt la montée du chômage qui augmente les recours prud’homaux et non l’inverse.
Déposer une demande auprès des conseils de prud’hommes n’est au demeurant que la dernière étape d’un processus qui prend sa source dans un conflit survenu au sein de l’entreprise. De fait, il ressort de notre recherche que, dans la relation de subordination liant employeur et salariés, la participation de ces derniers à la formulation des règles et à la prise de décision diminue l’émergence des conflits et, en conséquence, le taux de procès prud’homaux.
Inspecter les entreprises
François Eymard-Duvernay, Nicolas Dodier
Mars 1987
Publication non disponible sous format électronique
La contractualisation de la relation de travail
Christian Bessy
Publié par la L.G.D.J., collection Droit et société, tome 45.
Publié par la L.G.D.J., collection Droit et société, tome 45.
Mars 2007
Le renforcement des droits individuels des salariés est-il suffisant pour leur assurer une véritable protection ? Quelles sont les conditions d’efficacité du droit du travail et de sa réforme ?
C’est à cet ensemble de questions que s’attache à répondre ce livre sur la base de plus de quatre cents contrats de travail, d’interviews de « professionnels du droit » et d’étude de cas de litiges. L’approche pluridisciplinaire retenue permet d’analyser la diversité des pratiques contractuelles des entreprises, leur évolution en lien avec les transformations contemporaines du droit du travail et de la gestion des ressources humaines, ainsi que les injustices et les litiges qu’elles peuvent occasionner.
Pour comprendre comment les règles juridiques sont mobilisées, ajustées aux situations, une place privilégiée a été accordée aux « intermédiaires » (professionnels du droit, organisations syndicales…) qui assurent la continuité entre la légalité formelle et les normes issues des pratiques, sans toutefois parer absolument au risque d’un basculement dans le formalisme, source d’injustice et d’inefficacité économique.
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Le contrat de travail
Coordonné par Dominique Méda et Evelyne Serverin.
Avec les contributions de Florence Palpacuer, Amélie Seignour, Corinne Vercher, Myriam Bobbio, Frédéric Bruggeman, Dominique Paucard, Damien Sauze, Nadine Thèvenot, Julie Valentin, Matthieu Bunel, Bérengère Junod, Christine Lagarenne, Claude Minni, Pierre Cahuc, Francis Kramarz, Jacques Barthélémy, Gilbert Cette, Pierre-Yves Verkindt.
Paru à La Découverte, collection Repères série Economie, n° 505.
Avec les contributions de Florence Palpacuer, Amélie Seignour, Corinne Vercher, Myriam Bobbio, Frédéric Bruggeman, Dominique Paucard, Damien Sauze, Nadine Thèvenot, Julie Valentin, Matthieu Bunel, Bérengère Junod, Christine Lagarenne, Claude Minni, Pierre Cahuc, Francis Kramarz, Jacques Barthélémy, Gilbert Cette, Pierre-Yves Verkindt.
Paru à La Découverte, collection Repères série Economie, n° 505.
Janvier 2008
Ce sont ces affirmations que le présent ouvrage veut mettre à l'épreuve : de quelles données disposons-nous aujourd'hui pour analyser les effets de la législation sur la rupture du contrat de travail ? Quels usages les entreprises font-elles des différents contrats de travail et des procédures de licenciement ? Quels sont les avantages et les risques des différentes propositions de réforme sur le contrat de travail et le licenciement ?
Le Cee veut apporter sa contribution au débat en confrontant les points de vue d'économistes, de juristes, de sociologues, de statisticiens, d'origines et d'opinions diverses.
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L'emploi en ruptures
Sous la direction de Bernard Gomel, Dominique Méda et Evelyne Serverin.
Avec la contribution de Thomas Amossé, François Ballouhey, Aurianne Cothenet, Raphaël Dalmasso, Alexandre Fabre, Jacques Freyssinet, Frédéric Guiomard, Thierry Kirat, Romain Mélot, Marie-Laure Morin, Sophie Nadal, Corinne Perraudin, Héloïse Petit, Damien Sauze, Julie Valentin.
Paru aux Editions Dalloz.
Avec la contribution de Thomas Amossé, François Ballouhey, Aurianne Cothenet, Raphaël Dalmasso, Alexandre Fabre, Jacques Freyssinet, Frédéric Guiomard, Thierry Kirat, Romain Mélot, Marie-Laure Morin, Sophie Nadal, Corinne Perraudin, Héloïse Petit, Damien Sauze, Julie Valentin.
Paru aux Editions Dalloz.
Novembre 2009
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Introduction (173 Ko)Extrait_01 (167 Ko)Extrait_02 (131 Ko)Extrait_03 (355 Ko)
De tous les contrats portant sur le travail pour autrui, le contrat de travail subordonné est celui qui a été le plus anciennement et le plus continûment réglementé. Situées au cœur des conflits d'intérêt entre employeurs et salariés, les dispositions relatives à la rupture ont régulièrement constitué un point focal des interventions étatiques et conventionnelles. Dans le contexte actuel d'une accélération des destructions d'emplois, l'observation des règles et des pratiques de rupture devient impérative, tant pour prendre la mesure des choix effectués par les entreprises que pour évaluer leurs conséquences sur le devenir des emplois et des formes productives. Cet ouvrage présente les contributions élaborées et discutées au cours d'un séminaire qui a réuni juristes, sociologues et économistes en 2006-2007, autour du thème de la rupture du contrat de travail et des évolutions législatives des dernières années (CNE, loi de modernisation..). L'ouvrage poursuit également un objectif théorique, en montrant l'intérêt d'une approche pluridisciplinaire qui articule étroitement les analyses juridiques et les observations empiriques sans se borner à les juxtaposer.Introduction (173 Ko)Extrait_01 (167 Ko)Extrait_02 (131 Ko)Extrait_03 (355 Ko)
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Du fait au droit. Diverses figures du temps partagé
Marie-Françoise Mouriaux
Décembre 2006
Depuis une vingtaine d’années, plusieurs formules sont apparues pour développer et simplifier le cumul d’emplois, souvent désignées sous le terme de « travail à temps partagé ».
Certaines d’entre elles proposent une mise en relation des professionnels et des entreprises, sans remettre en cause le principe de la relation bilatérale entre un employeur et un salarié qui caractérise le droit du travail français. D’autres dispositifs, plus complexes, requièrent la constitution d’un tiers employeur.
Après un bref rappel des conditions dans lesquelles ces dispositifs ont été mis en place et de la nature des problèmes auxquels ils tentent d’apporter une réponse, le document montre l’intérêt et les limites de solutions imaginées pour simplifier la situation des multi-salariés ou pour gérer des situations professionnelles transitionnelles et met en évidence l’impropriété des dispositions du droit du travail pour répondre à ces nouvelles situations.
Certaines d’entre elles proposent une mise en relation des professionnels et des entreprises, sans remettre en cause le principe de la relation bilatérale entre un employeur et un salarié qui caractérise le droit du travail français. D’autres dispositifs, plus complexes, requièrent la constitution d’un tiers employeur.
Après un bref rappel des conditions dans lesquelles ces dispositifs ont été mis en place et de la nature des problèmes auxquels ils tentent d’apporter une réponse, le document montre l’intérêt et les limites de solutions imaginées pour simplifier la situation des multi-salariés ou pour gérer des situations professionnelles transitionnelles et met en évidence l’impropriété des dispositions du droit du travail pour répondre à ces nouvelles situations.
Diversité des contrats de travail et usages du droit
Christian Bessy
Avril 2005
À partir de la construction d’une base de plus de trois cents contrats de travail, nous analysons les pratiques effectives des entreprises en matière de gestion de la relation de travail et de leurs usages du droit à l’occasion de la rédaction des contrats (dispositif d’information ou cadre contractuel négocié). Nous présentons une typologie de « contrats de travail » qui prend appui sur différents indicateurs permettant de caractériser les termes de relation de travail (flexibilité, subordination, responsabilisation des salariés, appropriation des actifs immatériels). Nos résultats montrent que le cadre contractuel orienté vers la négociation interindividuelle, et les garanties juridiques qu’il offre, reste relativement peu mobilisé et concerne certains types de relation de travail. En conclusion, nous en tirons des inférences en matière de réforme du droit français du contrat de travail.



