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Centre d'études de l'emploi
Lien entre croissance/crise/récession et taux d’emploi, flux d’emploi et de main d’œuvre, création et destruction d’emploi, composition de l’emploi, cycle de productivité

La productivité du travail en déclin : quels liens avec les transformations du marché du travail ?

Philippe Askenazy, Christine Erhel
Thèmes
  • gestion de l’emploi
  • emploi, marché du travail
  • qualité de l’emploi, qualité du travail
Avril 2017
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CDE135 (2 Mo)

La productivité du travail constitue un indicateur de l’efficacité du processus de production. Son augmentation régulière est au cœur de la croissance économique d’un pays. Or, de nombreuses études l’attestent : cette productivité a nettement ralenti dans la plupart des pays de l’OCDE depuis la crise de 2008.

Utilisant les résultats de plusieurs recherches, ce 4-pages démontre, parmi les facteurs influents, le rôle des comportements et politiques d’emploi dans l’évolution de la productivité du travail en temps de crise mais aussi à plus long terme, tout particulièrement en France. Les ajustements opérés par les entreprises ‒ baisse du coût du travail, modération salariale, réduction des horaires, maintien de l’emploi qualifié, flexibilité de la main-d’œuvre ‒ dont certains soutenus par les pouvoirs publics ‒ ont pour effet de transformer le marché du travail. Ces ajustements contribuent à dégrader la qualité des emplois et risquent d’affaiblir durablement la productivité du travail et les perspectives de croissance de l’économie française.

Les offres d’emploi sur Internet : vers la « transparence » du marché du travail ?

Yannick Fondeur
Thèmes
  • recherche d’emploi et recrutement
  • emploi, marché du travail
  • intermédiaires du marché du travail
Novembre 2016
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CDE132 (1 Mo)

La disponibilité d’une masse impressionnante d’offres d’emploi en ligne peut donner l’illusion d’une grande transparence du marché du travail. Toutefois, ces offres, qui ne sont pas toutes valides et de qualité, sont dispersées et dupliquées sur une multiplicité de supports. En effet, loin de faire advenir la bourse à l’emploi globale dont la théorie économique standard a rêvé, Internet a favorisé la diffusion décentralisée des offres.

Cette configuration a permis l’émergence de deux types d’acteurs, venus s’intercaler entre les diffuseurs et chacun des deux versants du marché du travail, candidats et recruteurs. Ainsi, les multidiffuseurs proposent aux recruteurs d’envoyer les offres vers différents supports, et les agrégateurs les rassemblent au contraire pour permettre aux candidats d’effectuer des recherches centralisées.

Cependant, l’hétérogénéité de formats et de catégorisations des offres entraîne des pertes d’information lors de ces opérations. Cette hétérogénéité, qui se double de stratégies explicites de fermeture, trouve son origine dans les logiques d’acteurs qui, du fait de leurs modèles d’activité, ne trouvent pas tous intérêt à ouvrir leurs bases de données.

La prime d’activité, rattrapée par la logique du RSA

Bernard Gomel, Dominique Méda, Évelyne Serverin
Thèmes
  • politiques de l’emploi
  • minima sociaux
  • emploi, marché du travail
Avril 2016
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CDE129 (965 Ko)
La prime d’activité, introduite en 2015, a été présentée par les pouvoirs publics comme une innovation en matière de lutte contre la pauvreté et d’incitation à l’emploi. Elle affiche des objectifs identiques aux dispositifs auxquels elle succède, RMI, PPE (prime pour l’emploi) et RSA-activité ayant tour à tour été supprimés en raison de leurs défauts ou de leur échec réel ou prétendu.

Ce Connaissance de l’emploi propose une analyse des logiques qui ont fondé ces dispositifs successifs : logique du besoin pour le RMI et le RSA-socle, logique du soutien aux faibles revenus d’activité pour la PPE, logique mixte pour le RSA-activité. Le RSA est ainsi venu brouiller les frontières entre bénéficiaires des minima sociaux et travailleurs pauvres.

Bien que présentée comme innovante, la prime d’activité a été conçue sur le même modèle que le RSA-activité et s’en distingue uniquement par l’existence d’un bonus individualisé qui s’ajoute au revenu garanti. Dès lors, on peut se demander si cette prime réussira mieux que le RSA-activité à soutenir les faibles revenus du travail.

Quand le patronat de l’intérim vante les mérites du CDI

François Sarfati, Claire Vivés
Thèmes
  • droit du travail
  • emploi, marché du travail
  • gestion de l’emploi
Février 2016
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CDE128 (1 Mo)
La création du CDI intérimaire, instauré en mars 2014, s’inscrit dans une stratégie continue du patronat de l’intérim qui vise, depuis les années 1970, à être reconnu comme un acteur légitime du marché du travail, notamment auprès des pouvoirs publics. Elle répond également à une stratégie plus récente de diversification des activités : l’intérim développe de nouvelles fonctions sur le marché du travail afin d’élargir la base de ses ressources financières. En outre, l’instauration du CDI intérimaire s’inscrit dans un processus de fidélisation de la main-d’œuvre la plus appréciée par les entreprises clientes. Comment alors expliquer la lente montée en charge du CDI intérimaire ?

Les résultats présentés dans ce Connaissance de l’emploi sont issus, d’une part, de l’analyse des étapes et des textes qui ont ponctué la négociation collective et l’évolution de la législation ; d’autre part, des entretiens conduits avec les acteurs du secteur.

Le consentement du salarié à la rupture conventionnelle, entre initiative, adhésion et résignation

Raphaël Dalmasso, Bernard Gomel, Évelyne Serverin
Thèmes
  • droit du travail
  • emploi, marché du travail
  • relations professionnelles
Janvier 2016
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Rapport95 (1 Mo)
La rupture conventionnelle est porteuse d’un idéal de rupture pacifiée qui a assuré son succès dans la théorie comme dans la pratique. Entièrement orientée vers l’échange des consentements, elle a placé hors du champ d’observation les motifs pour lesquels chacun y consent.

L’exploitation secondaire d’une enquête téléphonique réalisée en 2012 par la Dares auprès de 4 500 salariés signataires d’une rupture conventionnelle montre l’ambivalence de ces derniers quant à leur consentement à rompre. Elle permet de comprendre ce qui conduit un salarié à abandonner un emploi à durée indéterminée pour entrer dans un régime d’indemnisation du chômage, et un employeur à accorder une rupture de ce type à un salarié qui veut démissionner.

Cette forme de rupture est à la fois un substitutif et un facilitateur des ruptures de contrat de travail à durée indéterminée. Dans une moitié des cas, elle sécurise des ruptures qui auraient eu lieu, qu’elles soient voulues par le salarié (elle remplace avantageusement la démission) ou par l’employeur (elle remplace avantageusement le licenciement). Dans l’autre moitié, elle facilite des ruptures dont les motifs ne sont pas clairement identifiables, ce qui soulève la question de sa contribution à l’évolution du chômage et, au-delà, de la pertinence du choix actuel de sécuriser les parcours au détriment de la pérennisation des contrats de travail.

La mobilité géographique : ressource ou fragilité pour l’emploi ?

Thomas Sigaud
Thèmes
  • emploi, marché du travail
  • chômeurs, chômage
  • trajectoires, carrières, mobilités
Novembre 2015
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CDE125 (689 Ko)
Les chiffres incitent à la prudence quant aux effets de la mobilité géographique sur le chômage et l’emploi. Sur quatre décennies étudiées (1970-2012), les chances de retour à l’emploi des chômeurs ayant changé de département sont de plus en plus proches de celles des actifs qui n’ont pas bougé. En outre, le chiffre global masque des disparités importantes. En 2012, pour les cadres, la mobilité géographique accroît la probabilité de retrouver un emploi. À l’inverse, les chômeurs les moins qualifiés qui sont mobiles ont deux fois moins de chances de retrouver un emploi que ceux qui n’ont pas bougé.
Les actifs occupés qui changent de département de résidence ont, eux, un risque comparatif de plus en plus élevé de perdre leur emploi que les autres, avec une incidence aujourd’hui comparable quelle que soit leur qualification.
Cette étude empirique invite ainsi à dépasser une approche mécanique des effets de la mobilité géographique sur l’emploi. Prendre en compte les logiques professionnelles et personnelles à l’œuvre lors d’un changement de lieu de résidence est nécessaire pour comprendre la façon dont la mobilité peut être une ressource pour les uns, une contrainte pour les autres.

L'aide à domicile : un métier à l'épreuve des contraintes financières

Alexandra Garabige
Thèmes
  • politiques sociales et familiales
  • emploi, marché du travail
  • qualité de l’emploi, qualité du travail
Août 2015
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CDE123 (527 Ko)
L’aide à domicile traverse une crise financière unanimement constatée, en dépit de la volonté affichée par les pouvoirs publics de développer le secteur pour gérer la prise en charge de la dépendance. Les contraintes financières croissantes du secteur percutent les objectifs de professionnalisation des salariés et de qualité du service rendu.

Ce 4-pages s’appuie sur une enquête de terrain menée auprès d’associations prestataires et d’intervenants de l’aide à domicile. Il examine les conséquences de la contraction des dépenses publiques sur les conditions de travail et d’emploi, telles qu’elles sont observées et perçues par les intervenants enquêtés. C’est une évolution en profondeur du secteur qu’ils décrivent, mettant en cause les fondements de leur métier. Pour survivre, dans un contexte de contraintes financières, les associations sont obligées de diversifier leurs fonds et leurs activités, de maîtriser leurs coûts salariaux au détriment des salariés et de réduire les temps d’intervention chez les usagers.

Le marché du travail des footballeurs professionnels : un miroir aux alouettes ?

Richard Duhautois
Thèmes
  • salaires, revenus
  • trajectoires, carrières, mobilités
  • emploi, marché du travail
Juin 2015
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CDE122 (573 Ko)
Le projecteur médiatique, braqué sur les « stars » du football professionnel, entretient de fausses idées. Il alimente des rêves de carrière très lucrative parmi les jeunes amateurs et suscite de nombreux débats sur les salaires faramineux de certains joueurs. Certes, la rémunération des footballeurs a fortement augmenté au fur et à mesure que les moyens financiers des clubs s’accroissaient, mais cette manne ne bénéficie qu’à quelques-uns et s’avère très éphémère.

L’analyse dont rend compte ce Connaissance de l’emploi fait partie des rares études françaises sur le sport. Elle permet de lever le voile masquant la réalité footballistique. Ses résultats sont éclairants : une carrière marquée par l’incertitude dont la durée est comprise entre quatre et six ans, des rémunérations variables et caractérisées par des inégalités croissantes : en 2013, 47 000 euros bruts par mois en Ligue 1, contre 10 500 en Ligue 2. Le marché des footballeurs, déjà étroit, s’est transformé, au profit d’une minorité de joueurs professionnels.

Dynamiques de transformation des modèles économiques des structures de l'ESS dans les services à domicile

Alexandra Garabige (dir.), Bernard Gomel, Loïc Trabut
Thèmes
  • emploi, marché du travail
  • politiques sociales et familiales
  • organisation du travail
Mai 2015
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Rapport90 (3 Mo)
Alors que l’aide à domicile est présentée comme répondant à un enjeu politique majeur – fournir des services de qualité et faire face à des besoins d’aide à l’autonomie croissants – son financement public est insuffisant. L'étude vise à rendre compte des dynamiques de transformation des modèles économiques des structures de l’économie sociale et solidaire (ESS) dans ce secteur. Il s’agit plus précisément d'analyser les réalités économiques des associations, dans un contexte où le financement des activités du secteur, de plus en plus complexe, est soumis à des contraintes de gestion et de résultats de plus en plus formalisées.

Une première partie retrace les grandes évolutions des politiques publiques qui ont structuré l’aide à domicile et les caractéristiques actuelles de ses emplois en France. La seconde partie présente les résultats d’une enquête qualitative menée dans deux départements auprès de responsables et militants syndicaux de la CFDT en activité dans des associations et auprès de financeurs publics ou privés. Elle montre l’impact des modes de financement sur le fonctionnement des associations, sur les prestations et sur les conditions de travail et d’emploi des professionnels qui les produisent. L’étude analyse les stratégies d’adaptation des associations face à cette crise de financement et aux injonctions des pouvoirs publics à rationaliser les dépenses dans le secteur. Elle montre également comment les militantes syndicales cédétistes se mobilisent pour résister à la dégradation de la qualité de l’emploi et du service aux usagers.

Égypte 1998-2012 : de l’emploi public protégé à l’emploi informel précaire, un marché du travail en déshérence

Isabelle Bensidoun, Aude Sztulman
Thèmes
  • emploi, marché du travail
  • gestion de l’emploi
  • économie informelle
Avril 2015
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DOC182 (881 Ko)
Le marché du travail égyptien a connu, au cours des deux dernières décennies, des mutations importantes que les revendications sociales de la révolution de janvier 2011 ont mises au jour. Parmi elles, le manque de sécurité des emplois et la faible couverture sociale qui leur est associée ont été particulièrement dénoncés. Aussi l’objectif de ce travail est-il de présenter un panorama de l’emploi en Égypte, en s’intéressant en particulier à l’évolution de l’emploi informel. À cette fin, les données individuelles issues d’enquêtes sur les ménages représentatives au niveau national et disponibles pour trois années (1998, 2006 et 2012) seront mobilisées. Les analyses descriptive et économétrique montrent que le désengagement de l’État en tant que pourvoyeur d’emplois a été particulièrement marqué sur cette période. Dans le même temps, son absence d’engagement à faire respecter la législation du travail dans le secteur privé s’est traduit par une progression  significative de l’emploi informel. Ce dernier touche particulièrement les hommes, les jeunes et les moins éduqués, bien que l’âge et l’éducation assurent, avec le temps, une protection de moins en moins efficace face à l’emploi informel. À cette absence de protection sociale de la plupart des emplois privés s’ajoute la précarité qui caractérise nombre d’entre eux.