La prime d’activité, rattrapée par la logique du RSA
Ce Connaissance de l’emploi propose une analyse des logiques qui ont fondé ces dispositifs successifs : logique du besoin pour le RMI et le RSA-socle, logique du soutien aux faibles revenus d’activité pour la PPE, logique mixte pour le RSA-activité. Le RSA est ainsi venu brouiller les frontières entre bénéficiaires des minima sociaux et travailleurs pauvres.
Bien que présentée comme innovante, la prime d’activité a été conçue sur le même modèle que le RSA-activité et s’en distingue uniquement par l’existence d’un bonus individualisé qui s’ajoute au revenu garanti. Dès lors, on peut se demander si cette prime réussira mieux que le RSA-activité à soutenir les faibles revenus du travail.
La nouvelle prime d'activité
Remis à l’agenda du gouvernement par le président François Hollande en août 2014, le remplacement du RSA-activité et de la prime pour l’emploi (PPE) par une nouvelle prime d’activité vient d’être annoncé par le Premier ministre Manuel Valls à compter du 1er janvier 2016.
La solidarité active en question
Apprendre (de l'échec) du RSA. La solidarité active en question
Le bilan du RSA est très décevant : il n'a (presque) pas fait diminuer la pauvreté, n'a globalement pas amélioré le retour à l'emploi des allocataires et n'a pas rendu les politiques d'insertion plus efficaces.
Cet ouvrage entend réinterroger le RSA et le projet de transformation de la solidarité qui l'a porté. En mobilisant les travaux de chercheurs de plusieurs disciplines (économie, droit, sociologie, statistiques, etc.) ainsi que d'experts et d'acteurs de terrain, il apporte des éléments pour comprendre les raisons des difficultés de la mise en œuvre du dispositif et de son échec.
Alors que de nouvelles réformes de la solidarité sont envisagées, dans une période de restriction budgétaire, le lecteur trouvera au fil de ces pages matière à mieux appréhender cette actualité et à repenser la solidarité.
Du RMI au RSA. Quelle adaptation aux métiers de la création artistique ? Synthèse d’une étude réalisée à la demande du DEPS (2011)
L’amélioration de la situation du bénéficiaire qui est visée ne passe qu’exceptionnellement par la professionnalisation de son projet artistique initial. Parfois, elle sera trouvée dans une pluriactivité compatible avec la poursuite du projet artistique. Le plus souvent, l’accompagnement vers l’emploi conduit à l’abandon plus ou moins rapide du projet par le bénéficiaire du RSA et se poursuit par une reconversion professionnelle qui s’appuie, dans le meilleur des cas, sur l’expérience qui vient d’être vécue. Le passage du RMI au RSA accélère certainement chez les artistes bénéficiaires le processus de renoncement à la professionnalisation du projet initial et de reconversion professionnelle, tout en maintenant un traitement « à part » dans les départements équipés de structures spécialisées.
Revenu minimum d'insertion et revenus du travail
L'insertion professionnelle par le RMI
En créant fin 1988 un minimum de ressources garanti pour les ménages qui n'avaient pas droit aux prestations spécialisées traditionnelles, le Gouvernement visait à compléter notre système de protection sociale par un dispositif qui existait déjà dans la plupart des pays d'Europe du Nord. Le mode de calcul du montant de l'allocation du Revenu Minimum d'Insertion ressemble beaucoup à ce qui se fait ailleurs, mais l'originalité du RMI par rapport aux modèles étrangers réside dans le volet «insertion».
En général, le versement de l'allocation s'accompagne surtout d'obligations diverses pour le bénéficiaire tenu de se conformer à certaines normes sociales. En France, par contre, la signature d'un contrat d'insertion a pour but d 'introduire des rapports plus équilibrés d'engagements réciproques entre l'usager et le représentant des pouvoirs publics, ce dernier étant censé fournir à l'allocataire les moyens lui permettant d'entreprendre sa démarche d'insertion.
Trois ans après le démarrage de la mesure, et grâce à la volonté du législateur de mettre en place des procédures d'évaluation d'envergure (avec la création d'une Commission Nationale d'Évaluation) pour que la loi originelle soit réexaminée au Parlement en 1992 à la lumière des résultats du RMI, il est possible d'avoir une première idée de l'efficacité des dispositifs d'aide à l'insertion. [...]
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Le pari perdu de la réduction de la pauvreté par le RSA
L’analyse des trajectoires des bénéficiaires du RSA montre que le dispositif n’est performant ni en matière de retour à l’emploi ni en matière d’amélioration des revenus : d’une part, 69 % des allocataires du RSA-socle seul en janvier 2010 y sont toujours en fin d’année, d’autre part, 68 % des éligibles au RSA-activité seul ne demandent pas la prestation.
Le RSA s’est révélé impuissant à réduire significativement la pauvreté. Faute de résultats probants, l’indicateur qui mesure la sortie de la pauvreté a d’ailleurs disparu, signant l’abandon de l’objectif initial.
Le revenu de solidarité active ou l'avènement des droits incitatifs
Familles monoparentales allocataires du RMI ou de l'API et trappes à inactivité : les enseignements de l'enquête sur les expérimentations du rSa en France
Pour évaluer la pertinence empirique de la thèse selon laquelle les familles monoparentales bénéficiaires de minima sociaux sont victimes des trappes à inactivité, nous avons exploité les données de l’enquête de la Drees auprès des allocataires du RMI ou de l’API dans le cadre des expérimentations du rSa. Nos résultats soulignent l’hétérogénéité de la population étudiée en termes de caractéristiques socio-démographiques, de parcours professionnels antérieurs et de trajectoires professionnelles durant la période d’observation (octobre 2007 à mai 2008). Nous montrons également que la probabilité d’accès à l’emploi est très dépendante des caractéristiques individuelles (âge, niveau de diplôme, état de santé, le fait d’avoir deux enfants ou plus et le fait d’avoir connu de longues périodes d’inactivité). Les problèmes de garde d’enfants, l’absence de qualification et une santé dégradée sont les principaux freins à l’accès à un emploi stable et de qualité.



