Centre d'études de l'emploi
La précarité de l'emploi en Europe
Jean-Claude Barbier, Robert Lindley
Septembre 2002
Versions française et anglaise disponibles
Apprécier la situation en Europe en matière de précarité de l’emploi est l’objectif que s’est fixé la recherche ESOPE, financée par la Commission européenne. La question est d’une grande importance au moment où l’impératif de la «qualité de l’emploi» est élevé au rang des priorités de la Stratégie Européenne pour l’Emploi. Les premiers résultats de la recherche indiquent que, dans les cinq Etats membres concernés, la représentation sociale de la précarité de l’emploi est tout à fait hétérogène. Les politiques publiques et les normes collectives qui ont pour objectif de contrecarrer le phénomène ne peuvent être comprises et comparées entre elles que par référence à ces construc- tions sociales différentes de normes collectives en matière de flexibilité, de qualité et de sécurité de l’emploi.
Apprécier la situation en Europe en matière de précarité de l’emploi est l’objectif que s’est fixé la recherche ESOPE, financée par la Commission européenne. La question est d’une grande importance au moment où l’impératif de la «qualité de l’emploi» est élevé au rang des priorités de la Stratégie Européenne pour l’Emploi. Les premiers résultats de la recherche indiquent que, dans les cinq Etats membres concernés, la représentation sociale de la précarité de l’emploi est tout à fait hétérogène. Les politiques publiques et les normes collectives qui ont pour objectif de contrecarrer le phénomène ne peuvent être comprises et comparées entre elles que par référence à ces construc- tions sociales différentes de normes collectives en matière de flexibilité, de qualité et de sécurité de l’emploi.
Le pari perdu de la réduction de la pauvreté par le RSA
Bernard Gomel, Dominique Méda, Évelyne Serverin
Juin 2013
Le revenu de solidarité active (RSA), entré en vigueur le 1er juin 2009 en remplacement du RMI et de l’API, était censé permettre de pallier l’enfermement des allocataires dans une « trappe » à inactivité, en alliant incitation à la reprise d’emploi et complément de revenus.
L’analyse des trajectoires des bénéficiaires du RSA montre que le dispositif n’est performant ni en matière de retour à l’emploi ni en matière d’amélioration des revenus : d’une part, 69 % des allocataires du RSA-socle seul en janvier 2010 y sont toujours en fin d’année, d’autre part, 68 % des éligibles au RSA-activité seul ne demandent pas la prestation.
Le RSA s’est révélé impuissant à réduire significativement la pauvreté. Faute de résultats probants, l’indicateur qui mesure la sortie de la pauvreté a d’ailleurs disparu, signant l’abandon de l’objectif initial.
L’analyse des trajectoires des bénéficiaires du RSA montre que le dispositif n’est performant ni en matière de retour à l’emploi ni en matière d’amélioration des revenus : d’une part, 69 % des allocataires du RSA-socle seul en janvier 2010 y sont toujours en fin d’année, d’autre part, 68 % des éligibles au RSA-activité seul ne demandent pas la prestation.
Le RSA s’est révélé impuissant à réduire significativement la pauvreté. Faute de résultats probants, l’indicateur qui mesure la sortie de la pauvreté a d’ailleurs disparu, signant l’abandon de l’objectif initial.
Pour une histoire de la précarité : transformation des emplois précaires et des modes de management
Jean-Pierre Faguer
Avril 1999
La ré-édition récente d'une bibliographie sur les jeunes et l'emploi, publiée en 1977, sert de support à l'analyse présentée ici. Ce travail s'appuie sur un constat : les enquêtes étaient rarement cumulatives. Elles devaient leur aspect répétititf à la fois à un manque de recul historiques et à des conditions de production spécifiques : découpage de la jeunesse en catégories séparées ("jeunes en échec scolaire", "délinquants", "étudiants", "apprentis", "chômeurs", "précaires", etc.) correspondant à autant de problèmes sociaux qu'il y avait d'institutions commanditaires d'enquêtes, ce qui rendait difficile une approche globale des facteurs de déclassement ou de reclassement des jeunes en début de vie active.
Défaillances et inventions de l'action sociale
Coordonné par Marie-Christine Bureau, Elisabeth Dugué, Barbara Rist, Françoise Rouard.
Avec les contributions de Cécile Baron, Colette Bec, Brigitte Bouquet, Catherine Bourgeois, François Brun, Jean-François Draperi, Marnix Dressen, Ginette Francequin, Léa Lima, Marie Loison, Mohamed Madoui, Catherine Mathey-Pierre, Arnaud Mias, Patrick Nivolle, Béatrice Peluau, Christophe Trombert, Edith Weysand.
Paru aux éditions L'harmattan, collection logiques sociales, Cahiers du Griot.
Avec les contributions de Cécile Baron, Colette Bec, Brigitte Bouquet, Catherine Bourgeois, François Brun, Jean-François Draperi, Marnix Dressen, Ginette Francequin, Léa Lima, Marie Loison, Mohamed Madoui, Catherine Mathey-Pierre, Arnaud Mias, Patrick Nivolle, Béatrice Peluau, Christophe Trombert, Edith Weysand.
Paru aux éditions L'harmattan, collection logiques sociales, Cahiers du Griot.
Juin 2006
Les contributions socio-historiques qui précèdent l’exposé des recherches empiriques réunies dans ce volume permettent de situer ce mouvement d’invention du social dans la durée. Aujourd’hui comme hier, la société se crée à partir des manques caractérisant l’action en direction des populations les plus fragiles. Les attaques suscitées par les défaillances des politiques, les efforts pour combler leurs manques, font surgir de nouveaux acteurs et forgent de nouvelles conceptions. C’est dire que cet ouvrage, tout autant qu’au monde académique, s’adresse aux professionnels du social et aussi aux décideurs qui devraient y trouver matière à alimenter leur action.
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Une étude de l'usage de la notion de précarité dans l'économie et la sociologie françaises des années 1980 et 1990
Jean-Claude Barbier
Novembre 2002
Un examen des travaux économiques et sociologiques français des années 1980 et 1990 montre la lente émergence de l'utilisation de la notion de « précarité » de l'emploi. Celle-ci, au demeurant, est apparue dans le champ des politiques familiales en tant que « pauvreté-précarité ». L'usage, avant de s'étendre, a été contesté à l'origine par les économistes analysant les stratégies des firmes pour comprendre les évolutions du marché du travail. Petit à petit, la notion de précarité tout court a eu tendance à se banaliser dans les travaux, et même à s'étendre dans une notion très englobante de précarité de la société toute entière. Cet usage est très particulier aux travaux français et à la société française. La précarité à la française est aussi très liée à la question des « statuts ». Une définition « scientifique » de la précarité est particulièrement difficile, car la notion appartient d'abord au discours politique.
Document uniquement disponible en version anglaise.
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Mesurer la pauvreté et la ségrégation en Ile-de-France : une approche capabiliste
Elisabeth Tovar
Mars 2009
Dans ce document de travail, on cherche à apporter des éléments empiriques permettant d’apprécier la réalité de la ségrégation urbaine dans la région Île-de-France. Pour ce faire, on définit une base d’information d’un bien-être capabiliste « spatialisé » qui permet de rendre compte du rôle joué par la localisation résidentielle sur les opportunités de bien-être. Après avoir proposé une spécification originale de ce bien-être, on utilise un indicateur de pauvreté récemment proposé dans la littérature, dont on propose une calibration normative pour mesurer la pauvreté multidimensionnelle à l’échelle de chaque commune francilienne et à l’échelle de la région tout entière pour l’année 1999. À l’aide d’indicateurs multidimensionnels d’auto-corrélation spatiale et globale, on conclut à l’existence de zones ségrégées dans l’espace francilien.
Les familles monoparentales en France
Anne Eydoux, Marie-Thérèse Letablier, avec la collaboration de Nathalie Georges
Juin 2007
Ce rapport explore la catégorie des « familles monoparentales », la diversité des situations qu’elle recouvre, et les défis qu’elle pose à l’heure actuelle aux politiques publiques. La diversification des trajectoires familiales a fragilisé certaines familles, et tout particulièrement les familles dites « monoparentales », particulièrement concernées par la pauvreté et la précarité de l’emploi et des conditions de vie. Importé en France dans les années 1970, le concept de « famille monoparentale » émerge comme catégorie des politiques familiales et sociales. Statistiquement, les familles monoparentales sont définies par l’INSEE comme constituées d’une mère ou d’un père de famille sans conjoint avec un ou plusieurs enfants. Les familles monoparentales constituent une population en forte augmentation, et ce faisant, la proportion d’enfants vivant dans de telles familles croît constamment. Mais ces familles se caractérisent par une grande diversité, et leur structure a profondément changé, puisque une large partie d’entre elles sont dues à une séparation et non plus au veuvage comme dans le passé. Certaines familles monoparentales se distinguent par un cumul de vulnérabilités : jeunesse du parent et de ses enfants, faible niveau de formation et de qualification, faible revenu, mauvaises conditions de logement, forte exposition au chômage à la précarité de l’emploi. Le risque de pauvreté est donc élevé pour ces familles, d’autant plus que le lien à l’emploi est faible et souvent problématique, ou que les parents sont faiblement qualifiés, compte tenu de la faible qualité des emplois auxquels ils peuvent prétendre, et compte tenu aussi des difficultés qu’ils rencontrent pour faire garder leurs enfants. Les politiques publiques ont cherché à s’adapter à la diversification des formes familiales et ont mis en œuvre des dispositifs de soutien aux familles monoparentales, non seulement sous forme de prestations et d’allocations mais également sous forme d’aides au recouvrement des pensions familiales ou à la pacification des conflits parentaux. Toutefois, ces politiques doivent repenser leur action pour limiter l’appauvrissement d’une partie croissante de ces pauvres et se trouvent confrontées à de nouveaux défis, comme en témoignent les récents rapports publics et les propositions qu’ils formulent.
Onze millions de travailleurs pauvres en Europe ?
Marie-Cécile Cazenave
Novembre 2006
Depuis 2003, la réduction du nombre de travailleurs pauvres est devenue une priorité de l’Union européenne.
Un indicateur européen a été créé afin de mesurer et comparer l’ampleur du phénomène dans les pays membres.
Selon cet indicateur monétaire, l’Europe des Quinze comptait, en 2001, 7 % de travailleurs vivant dans un ménage pauvre (pour un taux de pauvreté des ménages de 15 %).
La pauvreté des travailleurs touche davantage les États du Sud de l’Europe (plus de 10 %) que ceux du Nord (moins de 6 %). Avec un taux de 8 %, la France se situe au-dessus de la moyenne européenne.
Trois facteurs principaux déterminent la pauvreté des travailleurs : la rémunération du travail, les caractéristiques du ménage et le niveau des transferts sociaux.
L’indicateur européen comporte, néanmoins, certaines limites inhérentes aux difficultés de la comparaison internationale. En particulier, le seuil de pauvreté, calculé à partir du niveau de vie national, est très variable selon les pays.
L'utilisation d'un seuil unique européen creuserait les écarts entre États.
Un indicateur européen a été créé afin de mesurer et comparer l’ampleur du phénomène dans les pays membres.
Selon cet indicateur monétaire, l’Europe des Quinze comptait, en 2001, 7 % de travailleurs vivant dans un ménage pauvre (pour un taux de pauvreté des ménages de 15 %).
La pauvreté des travailleurs touche davantage les États du Sud de l’Europe (plus de 10 %) que ceux du Nord (moins de 6 %). Avec un taux de 8 %, la France se situe au-dessus de la moyenne européenne.
Trois facteurs principaux déterminent la pauvreté des travailleurs : la rémunération du travail, les caractéristiques du ménage et le niveau des transferts sociaux.
L’indicateur européen comporte, néanmoins, certaines limites inhérentes aux difficultés de la comparaison internationale. En particulier, le seuil de pauvreté, calculé à partir du niveau de vie national, est très variable selon les pays.
L'utilisation d'un seuil unique européen creuserait les écarts entre États.
Libres ou prolétarisés ? Les travailleurs intellectuels précaires en Île-de-France
Cyprien Tasset, Thomas Amossé, Mathieu Grégoire
Mars 2013
Ce rapport, issu d'une recherche menée en 2011, en convention avec la Fonda, porte sur les travailleurs intellectuels précaires.
Cette notion pointe vers une zone de l'espace social où les catégories instituées jouent et pourraient se reconfigurer en des formes nouvelles. Comment statuer sur la réalité même de cette population ? Renvoie-t-elle à un phénomène statistiquement observable et, si oui, quels sont les résultats de cette observation en termes de composition sociale objective ? Comment les expériences sociales correspondantes sont-elles décrites et évaluées par les premiers intéressés ?
Pour répondre à ces questions, ce rapport comporte trois parties qui correspondent aux trois chantiers de recherche que nous avons mis en œuvre.
Premièrement, un bilan de la littérature française et internationale montre que plusieurs monographies professionnelles se rapportent à notre objet, mais que celui-ci doit aussi être resitué parmi une série d'hypothèses quant aux groupes sociaux en cours d'émergence. Les travaux les plus stimulants d'un point de vue empirique sont ceux consacrés, dans plusieurs pays européens, au « creative work ».
Deuxièmement, une exploitation inédite d'une source statistique existante, l'enquête sur l’emploi de l'Insee, aboutit à une estimation tout à la fois minoritaire et non marginale des « travailleurs intellectuels précaires ». On repère une population large qui englobe un cœur de professions correspondant aux figures sociales qui leur sont usuellement associées. Néanmoins, les frontières de cet objet restent floues et en partie poreuses avec des situations de déclassement social ou scolaire. L'analyse statistique souligne des traits communs à la population investiguée et en même temps différentes façons d'être un intellectuel précaire.
Cette hétérogénéité est confirmée par l'enquête qualitative qui, à partir de soixante-dix entretiens réalisés en région parisienne, met en lumière la diversité des situations professionnelles parmi les actifs exerçant une (ou plusieurs) activité(s) intellectuelle(s) sans emploi stable. La multiplicité inter- et intra-individuelle des ressources économiques utilisées dans cette population semble un frein à la constitution d'un « commun », même si un tel processus relève sans doute davantage de mobilisations politiques que de conditions objectives et d’expériences personnelles.
Cette notion pointe vers une zone de l'espace social où les catégories instituées jouent et pourraient se reconfigurer en des formes nouvelles. Comment statuer sur la réalité même de cette population ? Renvoie-t-elle à un phénomène statistiquement observable et, si oui, quels sont les résultats de cette observation en termes de composition sociale objective ? Comment les expériences sociales correspondantes sont-elles décrites et évaluées par les premiers intéressés ?
Pour répondre à ces questions, ce rapport comporte trois parties qui correspondent aux trois chantiers de recherche que nous avons mis en œuvre.
Premièrement, un bilan de la littérature française et internationale montre que plusieurs monographies professionnelles se rapportent à notre objet, mais que celui-ci doit aussi être resitué parmi une série d'hypothèses quant aux groupes sociaux en cours d'émergence. Les travaux les plus stimulants d'un point de vue empirique sont ceux consacrés, dans plusieurs pays européens, au « creative work ».
Deuxièmement, une exploitation inédite d'une source statistique existante, l'enquête sur l’emploi de l'Insee, aboutit à une estimation tout à la fois minoritaire et non marginale des « travailleurs intellectuels précaires ». On repère une population large qui englobe un cœur de professions correspondant aux figures sociales qui leur sont usuellement associées. Néanmoins, les frontières de cet objet restent floues et en partie poreuses avec des situations de déclassement social ou scolaire. L'analyse statistique souligne des traits communs à la population investiguée et en même temps différentes façons d'être un intellectuel précaire.
Cette hétérogénéité est confirmée par l'enquête qualitative qui, à partir de soixante-dix entretiens réalisés en région parisienne, met en lumière la diversité des situations professionnelles parmi les actifs exerçant une (ou plusieurs) activité(s) intellectuelle(s) sans emploi stable. La multiplicité inter- et intra-individuelle des ressources économiques utilisées dans cette population semble un frein à la constitution d'un « commun », même si un tel processus relève sans doute davantage de mobilisations politiques que de conditions objectives et d’expériences personnelles.



